Avis d'expert - Hugo Lapalus

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Soutenu par le Groupe Monod depuis plusieurs années, Hugo Lapalus tout juste revenu des JO partage son regard sur le sens du collectif, son attachement au territoire et ses ambitions pour l’avenir...

À seulement 27 ans, Hugo Lapalus est deux fois médaillé olympique en ski de fond ; médaille de bronze en relais à Pékin en 2022 et médaille d’argent cette année aux Jeux de Milan-Cortina, toujours en équipe. Un parcours remarquable que l’athlète originaire de La Clusaz poursuit avec enthousiasme et humilité.

Vous revenez tout juste des Jeux de Milan-Cortina, pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience ?

Les Jeux Olympiques, c’est vraiment le graal pour un athlète et ceux-là ont été incroyables, largement à la hauteur de ce que représente l’événement pour tout sportif. L’équipe de France de ski de fond a réalisé de très belles performances avec trois médailles.
Nous avons eu le bonheur de remporter l’argent sur le relais 4 × 7,5 km et c’est une immense fierté. En ski de fond, on dit souvent que la médaille en relais est la plus belle, car elle se partage avec toute l’équipe, mais aussi avec les kinés, les entraîneurs et toutes les personnes qui travaillent avec nous au quotidien. C’est vraiment une victoire collective.
Ce qui la rend encore plus particulière, c’est que j’ai eu le bonheur de partager ce relais avec Théo Schely, que je connais depuis l’âge de deux ans. Nous avons commencé ensemble en ski alpin puis au club de ski de fond de La Clusaz. Se retrouver ensemble sur un podium olympique est assez fou.

Avez-vous malgré tout essuyé quelques déceptions ?

Le skiathlon reste forcément une petite frustration. Je termine 5ᵉ, à deux secondes de la médaille. Sur le moment, c’est difficile à accepter. Dans les minutes qui suivent la course, les sentiments sont très contradictoires, d’autant qu’un coéquipier monte sur le podium et que j’ai envie de me réjouir pour lui. Mais c’est aussi ça, le sport de haut niveau : il faut savoir encaisser et rebondir.
Avec un peu de recul, je me rends compte que le résultat est très solide. J’avais le niveau pour jouer la médaille, et la course s’est jouée sur quelques choix dans les derniers kilomètres. Finalement, la médaille d’argent en relais, quelques jours plus tard, a encore plus de saveur. Elle vient après toutes ces émotions et représente un moment de partage exceptionnel.

Quel a été l'esprit des fondeurs durant cette compétition ?

Si le ski de fond est un sport individuel, la dynamique qui nous anime tous est réellement collective. Toute l’équipe est tournée vers un objectif commun et chacun se nourrit de l’énergie des autres. Cette solidarité et cette confiance mutuelle ont clairement joué un rôle dans nos performances.

Il y a l'équipe et puis il y a tout l'entourage (famille, staff, sponsors...), quel rôle ce dernier joue-t-il ?

Le sport est encore plus beau lorsqu’il est partagé. Savoir que nos familles, nos amis et nos partenaires nous soutiennent donne une dimension très humaine à ce que l’on vit. Certains sont présents sur place, d’autres suivent derrière leur écran, mais au final on a vraiment le sentiment que cette réussite est celle de tous ceux qui nous accompagnent d’une manière ou d’une autre. La médaille du relais est évidemment partagée entre les athlètes, mais elle appartient aussi à toutes les personnes qui ont contribué au projet.

Et le territoire, comment vous a-t-il porté ?

Le soutien du territoire est énorme. À La Clusaz, il y avait une fan zone et tout le village suivait les courses. C’est très touchant de sentir cet élan collectif. Si je pouvais couper cette médaille en petits morceaux pour en donner un bout à toutes les personnes qui ont participé, de près ou de loin, à cette aventure, je le ferais. Chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Depuis quand faites-vous partie des athlètes soutenus par le Groupe Monod ?

Le Groupe Monod me soutient depuis environ 5 ans et est arrivé assez tôt dans ma carrière. Au-delà de l’aspect financier, il y a une vraie relation humaine. On se croise souvent à La Clusaz, on échange, on partage des moments imprévus. C’est un soutien sincère, très précieux pour un athlète. Il y a aussi une vraie histoire commune avec Grégory Monod et La Clusaz. On appartient au même territoire et au même environnement.

Quels sont les valeurs que vous partagez ?

Le territoire est évidemment central. La Clusaz, c’est notre point d’ancrage. Il y a aussi des valeurs de solidarité et d’engagement. D’un côté, des personnes qui décident de soutenir le sport parce que cela a du sens, et de l’autre, notre l’envie de transmettre des émotions et de faire rayonner nos partenaires. C’est un échange très fort.

Comment vous projetez-vous dans quatre ans pour les Jeux Olympiques à domicile ?

Forcément, c’est dans un coin de la tête. Participer à des Jeux à domicile, même quasiment « dans le jardin », c’est une chance incroyable ! L’objectif est d’être au départ dans quatre ans et de pouvoir faire vivre de grandes émotions à tous ceux qui nous soutiennent. Ces Jeux doivent aussi être l’occasion de réfléchir intelligemment aux infrastructures et à l’avenir. Il faut construire des équipements utiles pour les jeunes et pour le développement du territoire, tout en respectant les milieux naturels. Nous sommes capables de faire de grandes choses et de regarder loin en pensant à l’après, à la reconversion des sites et à un développement durable du territoire.

Après une expérience aussi intense, comment appréhendez-vous la suite de la saison ?

La saison n’est pas terminée. Il reste deux week-ends de Coupe du monde, actuellement en Norvège puis aux États-Unis, avant deux week-ends de Championnats de France. Ce sera l’occasion de retrouver tout le monde, notamment les jeunes, et de continuer à faire de belles courses dans une ambiance plus détendue. Après, place au repos !

Et professionnellement, comment vous voyez-vous une fois la page du sport de haut-niveau tournée ?

Pour l’instant, je ne me projette pas vraiment dans l’après. Je fonctionne saison par saison. Le jour où j’aurai envie d’arrêter, je passerai à autre chose et je construirai une nouvelle vie. Mais aujourd’hui, mon objectif est clair : continuer le ski de fond au moins jusqu’aux Jeux Olympiques de 2030.

Village de La Clusaz en Haute-Savoie

Groupe Monod
Publié le 19 mars 2026